Pré au Lard sous la neige
Je voulais vous parler de ce qui me tenait à coeur en ce moment (les dernières frasques du grand inquisiteur), mais le quotidien et la réalité viennent de reprendre le dessus (mais ce n'est que partie remise, car je n'ai pas fini d'être révoltée par ce qui se passe).Hier j'étais sensée passer la journée à Pré au Lard... Et comme la neige fût de la partie, la sorcière avec qui je travaillais m'a précisé sans crier gare qu'elle allait terminer plus tôt... Peu importe que j'ai bossé pour rien entre midi et deux pour tout finir, peu importe que j'ai à peine pris le temps d'avaler mon sandwich pour faire sérieusement mon travail, elle était bien désolée, mais c'était comme ça et pas autrement... J'ai beaucoup d'estime pour cette femme, je me suis donc contentée de respecter sa décision quoi qu'il puisse m'en coûter et je me suis dit qu'après tout, moi aussi j'avais des kilomètres à faire sous la neige pour rentrer chez moi. Restons positif...
Ca m'a donné l'occasion d'ensenser petite bougnole pour son abs et ses pneux contacts, de tester ma capacité de concentration au volant et de maudire certains automobilistes qui n'avaient pas l'air d'avoir remarqué qu'il fallait être beaucoup plus prudent que d'habitude... J'ai quand même mis trois heures pour rentrer chez moi... J'étais tellement vannée d'avoir conduit dans de telles conditions, que je me suis forcée à descendre rapidement de mon véhicule, à prendre une pelle et un sac de gros sel et à faire la trace pour rentrer la voiture au garage, avant de m'asseoir, sinon...
Je me suis également dit que ce ne serait pas prudent de reprendre la route et malgré l'heure peu tardive (17h30), je ne suis pas repassée au bureau...
Très mauvaise idée...
J'ai été assez fatiguée ces derniers temps et je n'ai pas réussi à assumer un certain nombre de choses. Mais aujourd'hui mes petits tracas m'apparaissent insignifiants au vu de celui qui vient de me tomber sur le paletot en arrivant ce matin.... Le pire, c'est que je ne peux m'en prendre qu'à moi-même. Mon adversaire vient de dégaîner avant moi sans crier gare, en me renvoyant mes erreurs en pleine poire. On était pourtant d'accord. A t il paniqué ? Veut il faire pression ? J'en sais rien.
Mais au vu de l'état catastrophique de la situation, il se pourrait bien que j'ai planté le dossier. Parce que j'aurais dû plus me méfier, parce que je n'aurais pas dû lui faire confiance, parce que je n'aurais pas dû remettre le dossier à plus tard, parce que je n'ai pas eu le courage de le traiter quand je suis partie du boulot le 23 décembre à 21h30, parce que la période des fêtes a été dure, parce que je n'ai pas eu assez de couilles pour m'en occuper immédiatement à mon retour, parce que j'ai eu besoin d'air, parce que je n'ai pas pu assumer. Or, c'était précisément ce qu'on attendait de moi.. On va pas y aller par quatre chemins, j'ai pas fait mon job comme j'aurais dû le faire et je m'en veux énormément.
Alors je ne sais plus. Suis je au bout du système ? Parfois j'ai l'impression qu'à force de vivre dans ce milieu dont le fonctionnement m'est totalement étranger, je suis en train de me déssécher progressivement et qu'à force d'emmagasiner des ondes négatives, je n'arrive plus à avoir suffisamment de ressort pour faire ce que je dois faire, ni croire en ce que je crois, envers et contre tous.
Est ce le moment d'arrêter ? Vous ne pouvez pas savoir le nombre de fois où je me suis posée cette question... Sans doute à chaque fois que je me suis remise en question pour une erreur, un mauvais résultat, un amas de méchancetés...
Je sais. Le monde est une immense poubelle, où chacun défend son gagne pain, à n'importe quel prix. Et dans cette mini société dans laquelle je vis, la plupart des personnes que je croise n'ont qu'un seul but dans la vie : vous pourrir la votre.
Je sais. Il faut savoir s'imposer. Ne jamais se montrer faible ou baisser sa garde. Mais parfois ça m'épuise... Parfois, je voudrais pouvoir baisser ma garde sans avoir peur des conséquences.
J'ai fait de gros efforts pour être toujours meilleure, j'ai payé ces efforts, puisque ça fait un mois que j'ai bien du mal à rester zen... Mais ce n'était pas encore assez.
En effet, j'ai une tare dont je n'arrive pas à me défaire : je suis un vrai baromètre, j'ai besoin de chaleur humaine, de richesse humaine, pour pouvoir trouver le courage d'évoluer dans ce monde pourri, qui ne me correspond absolument pas !
Alors, suis je capable de continuer, seule, à porter haut certaines valeurs, qui ne sont pas celles de ceux que je croise au quotidien, sans craquer et mettre en danger mes clients ?
Bonne question.
Autant vous dire que là j'ai envie d'être très très loin de mon bureau et de mes dossiers...
Edit : une conversation avec un allié de ma cause, qui réside dans la deuxième Tour, m'a permis de relativiser et de constater que je n'étais pas la seule à penser que dans ce boulot c'était : "marche ou crève !" (Mais je crois bien que dans la vie c'est pareil...) Bref, l'adversaire savait que j'avais été malade et que je n'avais pas eu le temps de m'en occuper, ça ne l'a pas empêché de tout foutre en l'air contre toute logique. D'après cet allié, j'ai des moyens de me rebeller contre ça, tout ne serait pas perdu, ouf ! Ca me rassure un peu... Va quand même falloir que je prenne mon téléphone pour connaître exactement les intentions de celui qui me prend la tête et à qui je ne vais pas souhaiter une bonne année!!) P... de boulot à la con ! Si seulement un jour je pouvais arrêter de me remettre en question toutes les 5 minutes, ça me ferait des vacances...
PS : Si vous avez des idées pour me permettre de me changer les idées, avant d'attaquer les autres problèmes de la journée, n'hésitez pas !
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